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Fake news, intox : comment les identifier ?

Bonnes pratiques, Outils du Community Manager, Community Management,

Duy

Duy

11 mai 2020

D epuis l’essor de l’Internet et des réseaux sociaux, l’information véhiculée que ce soit par les médias classiques (presse, TV…) ou par des plateformes n’est toujours pas celle qu’on croit. Alors comment vérifier qu’une information est vraie ou fausse ?

Les rumeurs ou les fausses informations véhiculées proviennent de sources d’informations comme étant les théories du complot. Un fameux sociologue, Pierre André Taguieff, la définit comme suit :

Ces théories sont généralement dirigées vers des groupes, institutions ou même gouvernements identifiées comme étant source du complot. Cela se manifeste principalement par des messages haineux voire même des menaces. Ce phénomène est d’autant plus amplifié par l’apparition d’Internet où ces théories sont largement diffusées auprès d’un large auditoire. A un tel point que le gouvernement avait crée une plateforme pour contrer cette propagation surtout suite aux attentats de 2015.

Les sites parodiques posent essentiellement le problème de la désinformation sur le web. Des plateformes comme Le Gorafi (France) et The Onion (USA) ne sont pas à leur premier essai puisqu’ils publient en permanence de fausses informations à caractère humoristique. Malheureusement, ces informations sont prises au sérieux sur les réseaux sociaux et peuvent être amplifiés s’ils sont mis hors de leur contexte.

Comme par exemple en 2017, un quotidien algérien a été piégé par une fausse information du site Le Gorafi. Source : lemonde.fr.

L’image peut aussi faire partie de la désinformation. En effet, ceci est d’autant plus vérifiable sur les réseaux sociaux que les images sont partagées. Parfois, elles deviennent virales et sans contexte liées, elles constituent l’une des sources de falsifications les plus courantes.

De plus, avec la possibilité de retoucher les photos, il est facile de manipuler les images.

Comment vérifier la véracité d’une information ?

Avant toute chose, vérifier la source d’informations : on prendra aisément les grands quotidiens nationaux ou régionaux, agences de presse, sites institutionnels. Mais cela ne garantit pas l’exactitude de l’information. En effet, les journalistes ne sont pas à l’abri de diffuser une information fausse. C’est en cela qu’il est nécessaire de s’aider de plusieurs sources d’informations.

Pour les images, il est important qu’elles soient rattachées à un contexte. Des outils tels que Google Images Reverse Engine ou TinEye permettent de vérifier les différentes sources à partir desquels elles ont été publiées. En comparant les dates de publication et la date de l’évènement, il est donc possible de vérifier l’information.

Une dernière chose : Internet n’est pas la seule source d’informations. Les livres, les encyclopédies ou les personnes permettent de faire des vérifications !!

En tant que Community Manager, il est important de bien vérifier vos sources avant de les relayer sur l’ensemble de vos réseaux.

C’est pour cela qu’à l’IMCI, nos formateurs font en sorte de vous donner les bons outils et les bons conseils pour diffuser la moindre information.

Si vous désirez en savoir plus, n’hésitez pas à consulter l’article ci-dessous rédigé par Albert Grego notre formateur spécialisé en Juridique à l’IMCI :

L’arsenal juridique français pour réprimer la Fake News

Aussi paradoxal que cela puisse paraitre avant même l’avènement de l’internet, depuis plus d’un siècle, le droit français considère la diffusion de fausse nouvelle comme une infraction pénale. Déjà les tribunaux condamnaient à la fin du XIXe siècle, les crieurs de rue qui n’hésitaient pas à proclamer de fausses informations pour faire vendre leur titre. Il existe donc un arsenal de textes juridiques qui réprime cette pratique éditoriale.

Tout d’abord, l’article 27 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse réprime toute « publication, diffusion ou reproduction, par quelque moyen que ce soit, de nouvelles fausses, de pièces fabriquées, falsifiées ou mensongèrement attribuées à des tiers lorsque, faite de mauvaise foi, elle aura troublé la paix publique, ou aura été susceptible de la troubler. » Le texte prévoit une amende de 45 000 euros. 

Ensuite, il y a l’article 322-14 du Code pénal qui prévoit que « Le fait de communiquer ou de divulguer une fausse information dans le but de faire croire qu’une destruction, une dégradation ou une détérioration dangereuse pour les personnes va être ou a été commise est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende ». Ce texte vient sanctionner les canulars en vue de déclencher une alerte, de type « swatting ».

Nous avons aussi l’article 97 du Code électoral quisanctionne d’une amendede « 15 000 euros ceux qui à l’aide de fausses nouvelles, bruits calomnieux ou autres manœuvres frauduleuses auront surpris ou détourné des suffrages, déterminé un ou plusieurs électeurs à s’abstenir de voter ».

Le dernier texte paru est la loi du 22 décembre 2018 relative à la lutte contre la manipulation de l’information en période électorale prévoit :

En application de ces textes, le Community manager peut donc être poursuivi pénalement au titre du délit de publication de fausses nouvelles.  

Le Community manager salarié diffuse une Fake News

Que se passe-t-il si le Community manager à rédiger et diffuser une fake news sur les réseaux sociaux sur ordre de son employeur ?

Dans une entreprise, le Community manager exercera le plus souvent des cas sa fonction sous la responsabilité d’un manager ayant le titre de directeur de la publication.

En application de l’article 93-3 de la loi de 1982, le directeur de la publication sera considéré comme responsable du contenu litigieux en tant qu’auteur principal. Le Community manager pourra être poursuivi en tant que complice.

La jurisprudence française précise que le directeur de la publication est le titulaire des comptes sur les réseaux sociaux. En effet, le tribunal correctionnel de Pau rappelle que « les articles 93-2 et 93-3 de la loi du 29 juillet 1982 sur la communication audiovisuelle instituent comme responsable des infractions commises dans un service de communication au public par voie électronique le directeur de la publication, défini comme la personne physique qui fournit le service » pour considérer que « le titulaire d’un compte Facebook en est en conséquence le directeur de la publication ».

S’il n’y a pas de directeur de la publication ou si l’entreprise n’a pas attribué ce titre à un de ses employés, le responsable sera l’auteur de la fake news, c’est-à-dire le Community manager.

Exception à cette règle :  lorsque l’infraction résulte d’une fausse nouvelle postée par le Community manager sans qu’il ait pu la contrôler au préalable, le directeur de la publication ne pourra pas voir sa responsabilité pénale engagée comme auteur principal s’il est établi qu’il n’avait pas effectivement connaissance du post avant sa mise en ligne ou si, dès le moment où il en a eu connaissance, il a agi promptement pour retirer la fake news.

Sous l’angle du droit du travail, le Community manager qui aura diffusé la fausse nouvelle sans autorisation de son responsable pourra être licencier pour faute grave.

Le Community manager est Freelancer et diffuse une Fake News

Si le Community manager effectue une mission pour le compte d’un client, il est important de désigner au préalable le responsable éditorial de la stratégie digitale. Il faudra que soit désigné « noir sur blanc » dans le contrat le responsable du contenu diffusé sur les réseaux sociaux.  Il est aussi conseillé de rédiger contractuellement une procédure de validation des posts/tweets avant diffusion : Qui fait quoi ? qui rédige ? qui valide les posts/tweets avant diffusion sur les réseaux sociaux ? 

Il serait logique que le responsable éditorial soit le client lui-même. Ce qui mettra « juridiquement à l’abri le community manager de toute action judiciaire.

Le community manager peut aussi prévoir dans son contrat que la demande de diffusion d’une fake news de la part de son client est une condition de résiliation anticipée du contrat de freelance.

Le community manager doit montrer à son client que même lié contractuellement, il reste un professionnel et qu’il n’est pas prêt à faire tout et n’importe quoi.

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